Communiqué
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Les efforts de décongestion commencent dans les camps de déplacés au nord-est du Nigéria, alors que les besoins humanitaires augmentent

Maiduguri - La violence incessante dans le nord-est du Nigéria a provoqué de nouvelles vagues de déplacement vers des camps surpeuplés en 2020. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a commencé à déployer une nouvelle stratégie de décongestion en collaboration avec les partenaires humanitaires. Cette stratégie vise à réduire la surpopulation dans plus de 55 pour cent des camps de l'État de Borno - où quatre déplacés internes sur cinq vivent actuellement dans des sites surpeuplés.

Les conditions de surpeuplement dans les camps avec des abris de fortune et temporaires construits à proximité les uns des autres rendent impossible la distanciation physique pour empêcher la propagation de la COVID-19, en plus d'augmenter les risques d'incendie et de réduire l'accessibilité.

« Les populations déplacées dans le nord-est sont confrontées à de graves difficultés en raison de l'insécurité accrue, de la perturbation des moyens de subsistance et des risques permanents de transmission de la COVID-19 », a déclaré Jeffrey Labovitz, directeur des opérations d’urgence de l'OIM, lors d'une visite dans les camps de Borno cette semaine.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire a augmenté de 3,5 millions - passant de 7,1 à 10,6 millions - le plus grand nombre depuis le début de la réponse humanitaire conjointe il y a cinq ans.

Le nombre de déplacés internes dans les États les plus touchés du Nigéria, à savoir Borno, Adamawa et Yobe, est passé de 1,8 à 1,9 million en 2020, selon la Matrice de suivi des déplacements de l'OIM. La majorité vit dans des abris de fortune précaires qui exposent les habitants à des conditions climatiques difficiles ainsi qu'aux violences sexuelles et sexistes et à d'autres menaces pour la sécurité.

Les efforts de décongestion dans les sites surpeuplés sont une mesure temporaire mais opportune pour améliorer les conditions de vie des familles déplacées. 
Dans la ville de Dikwa, l'OIM a relocalisé 899 personnes sur un total prévu de 1 235 dans des abris améliorés dans le camp d'Umarti récemment établi, suite à l'approbation des autorités locales et de l'État.

Les efforts de relocalisation à Dikwa, où 17 camps accueillent 60 848 personnes, permettront d'offrir de meilleures conditions de vie à la population et de réduire les risques liés à la protection, aux catastrophes et à la santé tout en les rapprochant des services et des installations clés tels que la santé et la distribution de nourriture.

La précarité de la situation en matière de sécurité a également créé des obstacles pour les humanitaires qui fournissent une aide dans des endroits isolés. Depuis 2019, trois des neuf centres humanitaires gérés par l'OIM - sites où les humanitaires travaillent et vivent - dans les villes de Banki, Ngala et Monguno ont été pris pour cible lors d'attaques de groupes armés non étatiques.

« Un soutien financier plus important est nécessaire pour renforcer les mesures de sécurité de ces centres et assurer la sécurité des travailleurs humanitaires. Sans ces installations, les services essentiels dans les zones touchées par le conflit seraient suspendus », a ajouté M. Labovitz.

Le conflit qui dure depuis onze ans dans le nord-est s'est étendu aux régions entourant le lac Tchad, provoquant l'une des crises humanitaires les plus graves et les plus complexes au monde. A moins de deux mois de la fin de l'année, les acteurs de l'aide humanitaire ont reçu moins de la moitié des fonds nécessaires pour aider les 7,8 millions de personnes ciblées.

Pour plus d'informations, veuillez contacter Jorge Galindo, OIM Nigéria, Tel : +234 906 273 9168, Email : jgalindo@iom.int, ou Angela Wells au Département des opérations et des situations d’urgence de l'OIM, Tel : +41 7940 35365, Email : awells@iom.int