IOM Responds to Covid-19

Plan stratégique de préparation et de réponse à la pandémie de COVID-19 de l’OIM 

Le 15 Avril, l'OIM a lancé le Plan stratégique mondial de préparation et de réponse (SRP) à la COVID-19, d'un montant de 499 millions de dollars, afin de soutenir les activités vitales de préparation, de réponse et de relèvement dans plus de 140 pays. 

Le SRP comprend tout un éventail d’activités dans toutes les régions du monde, notamment : 

  • L’émergence de besoins humanitaires dans de nouveaux contextes ;   
  • La coordination transfrontalière ;  
  • Le renforcement des capacités du personnel gouvernemental en matière de surveillance de la maladie ;   
  • La mise en place ou l'amélioration des installations de lavage des mains aux points d'entrée ;   
  • Le soutien à la gestion des cas ;   
  • Le suivi et la cartographie des mouvements de personnes à l'intérieur et à l'extérieur des frontières ;   
  • L’amélioration des sites de déplacement pour garantir la sécurité et l'hygiène des sites et le maintien des moyens de subsistance ; et 
  • La diffusion d'informations sur les mesures pour rester en bonne santé, ciblant spécifiquement les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées.   

Le nouvel appel s'aligne sur le Plan mondial de préparation et de riposte à la COVID-19 de l'OMS, publié le 3 février, ainsi que sur le prochain Plan d'intervention humanitaire du Comité permanent interorganisations, dirigé par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
 

Vous pouvez télécharger le plan stratégique de préparation et de réponse à la COVID-19 de l'OIM en anglais.

Comment l’OIM apporte son aide sur le terrain 

Depuis janvier, et conformément aux recommandations de l'OMS, l’effectif mondial de l'OIM est mobilisé dans le monde entier, s'appuyant sur des décennies d'expérience, plus récemment avec l'épidémie d'Ebola ; travaillant avec des dizaines de gouvernements pour planifier leurs réponses et sauver des vies alors que la crise sanitaire mondiale se transforme en une crise de mobilité sans précédent. 

La réponse stratégique de l'OIM se concentre sur l'accès aux personnes vulnérables et sur le renforcement des capacités opérationnelles pour faire face aux dimensions de mobilité de cette pandémie. Ces actions comprennent : 

  • Des activités de communication des risques et d'engagement communautaire, en tirant parti des réseaux communautaires pour faire en sorte que les informations en matière de santé publique soient communiquées de manière accessible et culturellement appropriée aux plus vulnérables, y compris aux migrants, quel que soit leur statut. Ces actions ont été entreprises dans un certain nombre de pays, dont l'Afghanistan, le Bangladesh, la Grèce et le Yémen. En Grèce, l'OIM a organisé des séances d'information dans les camps de migrants sur le continent, et a traduit les informations du gouvernement et distribué des fournitures supplémentaires.
 
     
  • Une coordination transfrontalière et un renforcement des capacités pour améliorer la surveillance sanitaire aux points d'entrée et de sortie (aéroports, ports maritimes et postes-frontières terrestres) dans des dizaines d'États, notamment le long de la frontière afghane avec le Pakistan et l'Iran. L'OIM donne quotidiennement une vue d'ensemble des restrictions de mobilité dans le monde, fournit une cartographie des restrictions au niveau des pays, et décrit les mesures nouvelles et complexes de restriction des déplacements afin de soutenir les collaborateurs de l'ensemble de l'Organisation.
 
     
  • Une coordination de crise pour faciliter l'échange d'informations entre les parties prenantes. Dans certains pays européens, comme la Grèce, Malte et la Norvège, l'OIM est en contact étroit et régulier avec les acteurs gouvernementaux pour coordonner les prochaines étapes. En Belgique, l'OIM a mis en place une équipe de gestion de crise avec le gouvernement pour s'assurer que personne ne soit laissé de côté.
 
     
  • Des formations pour les fonctionnaires gouvernementaux ; l'OIM a déjà entrepris des formations sur les procédures opérationnelles standard au point d'entrée lors d'urgences sanitaires dans le cadre de la réponse au virus Ebola en Guinée, en République démocratique du Congo et au Sénégal. Ces formations peuvent être élargies pour répondre aux besoins opérationnels de la COVID-19 et être organisées de manière virtuelle.
 
     
  • Des exercices de cartographie de la mobilité des populations pour anticiper les besoins et hiérarchiser les mesures en superposant les informations sur les restrictions de voyage, le statut des points d'entrée, les compagnies aériennes et le statut des migrants bloqués, en collaboration avec l'OMS. Ces exercices ont été entrepris dans plusieurs pays, notamment en Mongolie, en Iraq, en Afghanistan, au Rwanda et en Tanzanie. Il est important que les gouvernements et les équipes d'intervention en première ligne aient une bonne compréhension des mouvements de population et des dynamiques de mobilité afin que les groupes vulnérables puissent recevoir de l’aide rapidement.
 
     
  • Une surveillance renforcée et des services WASH aux points d'entrée. L'OIM renforce l'accès à l'eau et les mesures d'hygiène à l'échelle de ses opérations, afin de réduire le risque de contagion. Dans d'autres endroits, et dans toute l'Asie, tous les migrants à destination des États-Unis qui subissent des examens médicaux dans les centres de l'OIM reçoivent des informations, du désinfectant pour les mains et des mouchoirs. 

Compte tenu de l'impact de la pandémie sur les opérations quotidiennes de l'OIM, notamment l’augmentation croissante des restrictions de voyage, une évaluation approfondie est en cours pour garantir la sécurité permanente du personnel, des partenaires et de tous les bénéficiaires de l'Organisation. Dans toutes les activités de l'OIM, la priorité est donnée à l'intégration des questions de protection dans la réponse à la COVID-19 afin de garantir que nos efforts soient centrés sur les personnes, qu’ils soient inclusifs et qu’ils ne nuisent pas aux populations que nous aidons. A ce jour, les mesures suivantes ont été prises : 

  • La suspension temporaire du programme de réinstallation de l'OIM, en coordination avec l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). La réinstallation reste toutefois un outil qui permet de sauver la vie de nombreux réfugiés. L'OIM et le HCR travaillent avec les États pour garantir la poursuite des mouvements dans les cas d'urgence les plus critiques, dans la mesure du possible.
  
     
  • La réduction et/ou la suspension d'un certain nombre de programmes d'évaluation en matière de migration et santé, de programmes de demande de visa, et la réduction opérationnelle des programmes de regroupement familial et de visa humanitaire. Là où les opérations se poursuivent, l'OIM a adopté un certain nombre de mesures de précaution, notamment l'élaboration de procédures opérationnelles standard spécifiques à la COVID-19, l'éducation et les conseils sanitaires aux migrants, et le renforcement des contrôles avant l’embarquement.
  
     
  • Un service d’orientation virtuel pour les migrants et des sessions de formation virtuelles pour les associations de migrants. Dans de nombreux pays européens, l'OIM a mis en place des mécanismes de communication à distance pour informer les migrants, en particulier ceux qui souhaitent rentrer chez eux, sur la situation générale et les restrictions actuelles de déplacement.  

Malgré ces changements de programmes, l'OIM suit de près l'évolution de la situation sur le terrain et conserve sa pleine capacité et sa disposition à reprendre ses activités dès que les conditions le permettront. 

Messages clés ​

L'épidémie actuelle de COVID-19 est, avant tout, un problème sanitaire. Toutefois, elle a également un impact sans précédent sur la mobilité, tant sur les régimes de gestion des frontières et des migrations que sur la situation de toutes les personnes en déplacement, y compris celles déplacées par un conflit ou une catastrophe.

  • Les plus de 14 000 collaborateurs de l'OIM s'efforcent de répondre à cette urgence de santé publique du point de vue de la mobilité. Pour ce faire, l'Organisation s'appuie sur l'expérience acquise lors de précédentes situations d'urgence - notamment la dernière épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo - et travaille en étroite collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé et d'autres agences et partenaires membres du Réseau des Nations Unies sur les migrations pour garantir l'intégration des questions de migration et santé dans l'ensemble du système des Nations Unies. 
     
  • Cependant, l'OIM est consciente que la pandémie actuelle aura un impact humanitaire et socioéconomique à long terme et de grande envergure. Bien qu'il soit impossible d'évaluer pleinement les conséquences économiques et politiques de cette crise à l'heure actuelle, il est nécessaire de reconnaître les principaux points d'inflexion économique qui se profilent à l'horizon pour les sociétés, et les impacts plus profonds qui peuvent se dessiner pour les populations mobiles diverses à qui l'Organisation vient en aide. 
     
  • À court terme, dans les pays qui ont été le plus durement touchés, les migrants sont exposés à de nombreuses vulnérabilités similaires aux autres citoyens, et souvent dans une plus large mesure. Les ressortissants étrangers sont plus susceptibles de vivre au sein de foyers surpeuplés ou d'occuper des emplois de courte durée ou précaires avec des possibilités limitées de congés maladie. D'autres migrants, en situation régulière ou irrégulière, peuvent avoir un accès limité aux services de santé publique, ou craindre d'y avoir recours. Ils peuvent également être exclus des programmes d'information en matière de santé publique ou, lorsqu'ils sont informés, ne pas avoir les moyens financiers pour gérer des périodes d'auto-isolement ou de quarantaine.

  • A travers le monde, dans les pays les moins touchés, les populations déplacées dans des camps ou des installations semblables sont déjà très vulnérables à la contraction de maladies infectieuses, dans des conditions où un virus peut se propager plus facilement. D'autres populations prises dans des conflits peuvent être très difficiles à atteindre et à surveiller, et sont les plus mal équipées pour se protéger contre l'infection.   
  • Des efforts visant à soutenir tous les groupes vulnérables, y compris les migrants, doivent être sérieusement envisagés pour éviter les conséquences néfastes, et réduire les difficultés et les risques pour la santé publique. Notre travail visant à assurer la sécurité des communautés doit respecter les droits fondamentaux de tous. Tous les migrants, en situation régulière ou irrégulière, et notamment ceux qui sont en situation d’exploitation, doivent avoir accès à l'information sanitaire, au dépistage, au traitement et à la prise en charge, afin que les équipes d'intervention puissent les inclure dans la recherche des contacts et les interventions communautaires. 

  • L'OIM réitère la nécessité d'adopter des approches d'inclusion des migrants dans la réponse globale à la COVID-19 et appelle les pays à répondre aux besoins particuliers et aux vulnérabilités des migrants, quel que soit leur statut juridique, dans l'esprit de la couverture sanitaire universelle. La bataille contre la COVID-19 ne pourra être gagnée que si les plans de réponse de tous les pays incluent les migrants, en particulier ceux qui sont marginalisés ou en situation de vulnérabilité. 

  • Nous devons rester vigilants face à la stigmatisation de tout groupe particulier pendant cette crise, notamment les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile, tel que souligné dans la déclaration du Réseau des Nations unies sur les migrations. L'OIM reste préoccupée par la propagation de fausses informations et le recours à des discours stigmatisants, car ils peuvent empêcher les personnes de faire part de leurs symptômes ou de rechercher les contacts, ce qui peut ensuite entraver la fourniture de soins adéquats et faire échouer les efforts visant à réduire la transmission. Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour lutter contre la xénophobie liée à l'origine et à la propagation de la pandémie. Ceci est particulièrement important compte tenu de la durée et de l'impact incertains de cette crise. La distanciation sociale ne doit pas se faire au détriment de la cohésion sociale à long terme. 

 

Informations multilingues sur la COVID-19  

Ressources clés (Anglais)