Les arrivées de migrants par la Méditerranée avoisinent les 250 000

Posted: 
08/14/15
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Missing Migrants

Italy - D’après l’analyse de l’OIM, le nombre de migrants et de demandeurs d’asile qui sont arrivés en Europe par la mer jusqu’ici en 2015 avoisine les 250 000.

Tandis que les équipes de sauvetage en mer viennent au secours de plus d’un millier de migrants par jour cet été au large de l’Italie et de la Grèce, le nombre d’arrivées a déjà dépassé le nombre total d’arrivées en 2014.

Les décès en mer ont également atteint un niveau record cette année. Ces huit derniers jours, deux autres naufrages ont eu lieu dans la Méditerranée, portant le nombre total de victimes estimé par le Projet des migrants disparus de l’OIM à au mois 2 300.

Le 5 août, un chalutier transportant plus de 200 migrants a chaviré au large de la Libye, le nombre de noyades reste encore inconnu. Le 11 août, environ 60 personnes ont péri dans la même zone lorsque leur bateau pneumatique surchargé a commencé à se dégonfler dans la chaleur estivale. Les secouristes ont sauvé 54 personnes, la plupart originaires d’Afrique subsaharienne, sur les 120 migrants qui se seraient trouvés à bord.

Ces dernières tragédies mettent en évidence les dangers auxquels sont confrontés les migrants dans le Canal de Sicile, devenu l’itinéraire le plus meurtrier pour ceux qui fuient la violence, les catastrophes naturelles et l’extrême pauvreté. Malgré les dangers, jusqu’ici cette année, quelque 120 000 migrants ont traversé le Canal de Sicile depuis la Libye pour trouver la sécurité en Italie.

Avec les derniers chiffres officiels du gouvernement grec faisant état de 134 988 arrivées de migrants depuis la Turquie cette année, et les chiffres de l’Italie, de l’Espagne et de Malte, le nombre total s’élève officiellement à 237 000. Compte tenu des opérations de secours quotidiennes, l’OIM prévoit que le nombre total d’arrivées dépassera les 250 000 d’ici la fin du mois. Cette différence tranche avec les 219 000 arrivées en 2014.

« La situation dans la Méditerranée est profondément inquiétante », a déclaré William Lacy Swing, Directeur général de l’OIM. « Même s’il y a eu d’importantes avancées, tel que le renforcement de l’opération Triton de l’UE, il reste beaucoup à faire pour fournir un soutien adéquat à ces personnes désespérées qui mettent leur vie en danger entre les mains de passeurs peu scrupuleux. Trop souvent, les migrants périssent en mer ou en chemin vers leurs points de départ. »

D’après les données fournies par le Ministère italien de l’intérieur, pendant les sept premiers mois de 2015 (du 1er janvier au 31 juillet), l’Italie a enregistré 93 540 arrivées au total, soit 8% de plus que durant la même période en 2014, année durant laquelle les autorités italiennes avaient enregistré 87 915 arrivées.

L’Erythrée reste le principal pays d’origine avec 25 567 migrants arrivés en Italie depuis la Libye en 2015. Le Nigéria arrive loin derrière avec 11 899 arrivées. Les autres pays d’origine importants sont la Somalie (7 538), le Soudan (5 658), la Syrie (5 495), la Gambie (4 837) et le Bangladesh (3 692).

Les Syriens arrivés cette année représentent environ un tiers des arrivées par rapport à la même période l’année dernière. Cela montre que les personnes fuyant la guerre en Syrie se rendent aujourd’hui principalement en Europe via la Turquie et la Grèce. Cette route est plus courte et plus sûre que la route par la Méditerranée, via la Libye et l’Italie.

« Les flux évoluent », explique Federico Soda, Directeur du Bureau de coordination de l’OIM pour la Méditerranée à Rome. « Certaines nationalités sont en hausse par rapport à l’année dernière. C’est le cas des Somaliens (passés de 3 190 à 7 538), des Soudanais (de 1 301 à 5 658) et des Nigérians (de 4 702 à 11 899). D’autres, comme les Syriens, sont en baisse. »

Les flux de migrants arrivant en Europe, et plus particulièrement en Italie, continuent d’êtres composites. Certains fuient la guerre et la persécution, d’autres, la pauvreté, la famine et la dégradation des terres. Il existe également de nombreux groupes vulnérables, notamment des mineurs non accompagnés et des victimes de traite et de mauvais traitements.

« Cette année, nous avons observé une hausse du nombre de femmes arrivées du Nigéria – passant de 545 fin juillet 2014 à 2 360 en 2015. Ceci est inquiétant car nous savons, en ayant interrogé bon nombre d’entre elles, qu’elles sont souvent de potentielles victimes de traite ayant besoin de protection. Certaines nous ont confirmé qu’elles étaient en fait envoyées en Europe pour travailler dans l’industrie du sexe », fait remarquer M. Soda.

L’OIM en Italie a établi deux équipes de lutte contre la traite en Sicile et dans les Pouilles. D’autres équipes devraient être déployées dans les prochains mois. Leur travail est d’identifier les victimes d’exploitation et de traite.

« Le nombre attendu d’arrivées peut sembler élevé », déclare l’Ambassadeur Swing. « Mais c’est un nombre qui pourrait facilement être absorbé par l’Union européenne, une vaste région de plus de 500 millions d’habitants. Pour cela, les Etats membres de l’UE doivent coopérer pour mettre en place une approche plus cohérente et humanitaire. Dans le même temps, nous devons promouvoir, auprès du public, un discours ouvert, équilibré et impartial sur la question des flux migratoires vers l’Europe, car le débat public en la matière est trop souvent fondé sur les émotions, les stéréotypes et les mythes, et non sur la réalité. »

Pour plus d’informations, veuillez contacter Flavio Di Giacomo, OIM Italie, Tel: +39 0644 186 207, Email: fdigiacomo@iom.int. Ou Joel Millman, siège de l’OIM, Tel: + 41 79 103 87 20, Email: jmillman@iom.int

 

Migrants are rescued in the Channel of Sicily, Italy (File Photo). © Francesco Malavolta/IOM 2015