L’OIM au Mali aide plus de 1 100 migrants subsahariens à la frontière algérienne

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05/08/18
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EUTF, Missing Migrants

Gao - Depuis le 10 avril, 1 135 migrants originaires d’Afrique de l’Ouest - dont neuf femmes et 30 enfants - ont reçu l’aide de l’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, à Gao, au nord du Mali. Ces migrants ont été arrêtés par les autorités algériennes alors qu’ils tentaient d’atteindre l’Europe via l’Algérie.

Les migrants sont entrés au Mali via Inkhalid, une petite ville située le long de la frontière sud de l’Algérie avec le Mali, après avoir été expulsés par les autorités algériennes. Située dans la région désertique de Kidal, au Mali, et déclarée zone d’insécurité depuis la crise politique de 2012 dans le pays (en raison du coup d’Etat militaire et de la rébellion au nord), Inkhalid ne possède aucune infrastructure pour héberger les centaines de migrants de retour et aucun moyen de transport vers Gao, ville sous contrôle du gouvernement malien la plus proche, à environ 36 heures de voiture à travers le désert. Compte tenu de la situation en matière de sécurité dans la zone, les opérations d’aide sont aussi difficiles.

A Gao, l’OIM et ses partenaires, les organisations de la société civile locale, la Croix-Rouge malienne, l’UNICEF et les centres d’accueil (Direction régionale de la protection civile, Centre d’accueil pour migrants, Direy Ben et La Maison des Migrants) œuvrent ensemble en vue d’héberger les centaines de migrants nécessitant une aide immédiate (accueil, profilage, nourriture, hébergement, aide non alimentaire et soins de santé) jusqu’à ce qu’ils soient transférés au Centre de transit de la protection civile de Sokoniko, à Bamako.

Les migrants secourus proviennent principalement du Mali, mais également de Guinée, du Sénégal, de Côte-d’Ivoire, du Burkina Faso, du Niger, de Gambie, du Bénin, de Guinée-Bissau, de Mauritanie, du Libéria et du Nigéria et se trouvent tous dans un état de santé inquiétant.

« Quelque 488 migrants sont arrivés en une seule et même journée (23/04) mais le bureau de l’OIM à Gao ne peut héberger que 300 personnes au maximum », a déclaré Oscar Safari, responsable de l’antenne de l’OIM à Gao. « Pour mieux aider ces migrants et poursuivre notre travail dans de bonnes conditions, l’OIM à Bamako a immédiatement déployé du personnel supplémentaire à Gao. Toutefois, davantage de personnel et d’équipements sont indispensables pour faire face aux arrivées quotidiennes à Gao. »

A Bamako, les autorités maliennes et l’OIM sont confrontées aux mêmes difficultés. Le Centre de la protection civile de Sokoniko et d’autres centres d’accueil similaires ont déjà atteint leur capacité d’accueil alors que les migrants secourus ont toujours besoin d’une aide immédiate. Des centres privés ont été contactés par l’OIM pour répondre aux besoins d’hébergement de la prochaine vague de migrants de retour, avant l’ouverture du centre pour migrants construit par le gouvernement du Mali.

« Depuis avril 2018, d’importants flux migratoires ont été observés à la frontière entre l’Algérie et le Mali », a déclaré Bakary Doumbia, chef de mission de l’OIM au Mali. « L’OIM travaille d’arrache-pied pour fournir une assistance immédiate aux migrants de retour. Etant donné les conditions dans lesquelles ces migrants arrivent et la nécessité immédiate de faciliter leur retour dans leur pays d’origine, une action d’urgence adéquate doit être menée à bien. Nous devons accroître notre capacité d’intervention pour faire face à ces situations d’urgence. »

A ce jour, 509 personnes ont été transportées par l’OIM à Bamako, et 242 sont retournées dans leur pays d’origine. Les services consulaires à Bamako facilitent le retour des migrants restants dans leurs pays d’origine à travers la région. Jusqu’à leur départ, les migrants seront pris en charge par l’OIM et ses partenaires.

Depuis septembre 2017 notamment, l’OIM est témoin d’importants flux de migration à la frontière entre l’Algérie et le Niger. Depuis le 1er janvier, plus de 3 000 migrants ont été secourus dans le désert et 1 500 la semaine dernière. La plupart des migrants aidés par l’OIM au Niger ont été retrouvés en mauvais état de santé après avoir été amenés à la frontière algérienne et abandonnés dans le désert.

Les autorités nigériennes et l’OIM ont secouru et transportés les 1 500 migrants à Arlit, puis au Centre de transit à Agadez. Par l’intermédiaire du programme de son Mécanisme de ressources et de réponse pour migrants (MRRM) et en collaboration avec les autorités nigériennes, l’UNICEF et des ONG, l’OIM fournit une aide humanitaire de base à ces personnes à leur arrivée au Niger et avant leur retour dans leur lieu d’origine. Les opérations de retour volontaire vers leurs pays d’origine sont en cours dans le cadre de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Seydou Tangara, OIM Mali, Tel : +223 76 42 63 59, Email : stangara@iom.int ou Hamed Diallo, Tel : + 223 75 63 53 24, Email : hdiallo2@iom.int

  • Le personnel de l’OIM aide un migrant dans un centre de transit au Mali. Photo : OIM

  • Some of the migrants who have been assisted by IOM, the UN Migration Agency in Mali. Photo: IOM

  • Le personnel de l’OIM aide un migrant dans un centre de transit au Mali. Photo : OIM