L’OIM en Tanzanie lance une opération d’enregistrement des migrants à Kigoma

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12/02/14

Tanzanie - Le 1er décembre, en collaboration avec le gouvernement, l’OIM en Tanzanie a lancé une opération d’enregistrement volontaire à Kigoma, en Tanzanie occidentale. L’enregistrement, qui durera d’abord trois semaines, vise les migrants irréguliers burundais, rwandais et ougandais qui souhaitent régulariser leur statut en Tanzanie.

Les officiers de l’immigration ont été formés par l’OIM à l’utilisation de l’application d’enregistrement électronique développée par l’OIM, qui enregistre les données biographiques et biométriques des migrants afin de soutenir leur demande de statut de résident en Tanzanie. Deux tentes équipées de quinze unités d’enregistrement ont été installées dans le stade de Kigoma.

Chaque unité est gérée par un officier de l’immigration équipé de matériel d’enregistrement, d’un ordinateur portable, d’une webcam, d’un scanneur d’empreintes digitales, d’un scanneur de code-barres, d’un lecteur de cartes et d’une imprimante.

Depuis deux semaines, l’OIM et le Département tanzanien de l’immigration réalisent une cartographie de la zone afin d’atteindre le groupe ciblé pour l’informer de l’opération et des possibilités d’aide au retour volontaire vers leur pays d’origine.

Une équipe d’officiers de l’immigration conseille également les migrants irréguliers sur comment remplir le formulaire de vérification, nécessaire pour l’enregistrement.

Grâce aux résultats du travail de cartographie, les responsables peuvent anticiper une force participation à l’enregistrement. Déjà, près de 1 600 chefs de famille ont reçu des formulaires de vérification représentant plus de 6 000 personnes.

Damien Thuriaux, chef de mission de l’OIM en Tanzanie a qualifié l’enregistrement de « tournant » pour les migrants irréguliers à Kigoma, qui craignaient l’expulsion depuis le début de l’opération Kimbunga l’année dernière.

« Le gouvernement tanzanien doit être félicité pour sa nouvelle approche de gestion des défis migratoires dans ses régions frontalières », a déclaré M. Thuriaux. « Les migrants ont désormais la possibilité concrète de régulariser leur statut migratoire, qui changera la vie de tous ceux qui réussiront. Ceux qui ne seront pas considérés comme éligibles auront la possibilité de rentrer chez eux dans la dignité, avec le soutien et l’orientation de l’OIM. »

L’opération d’enregistrement a lieu dans le cadre du Programme de soutien humanitaire fourni aux migrants à l’ouest de la Tanzanie, financé par le Département britannique pour le développement international et le gouvernement du Japon.

Le nouveau programme a été lancé en réponse à une situation de panique déclenchée par l’ « Opération Kimbunga », une opération « ouragan » démarrée par le gouvernement tanzanien qui a provoqué l’expulsion forcée d’environ 65 000 migrants burundais, rwandais et ougandais vivant dans les zones frontalières au nord-ouest de la Tanzanie.

De nombreux migrants irréguliers originaires du Burundi, de République démocratique du Congo, du Rwanda et d’Ouganda vivent dans la région. Leur statut migratoire varie, certains sont venus en Tanzanie en tant qu’ouvrier agricole saisonnier, et d’autres y vivent depuis plusieurs décennies et beaucoup sont mariés à des Tanzaniens.

L’enregistrement leur donnera une chance de demander un permis de résidence et de régulariser leur statut en Tanzanie. En s’enregistrant, les migrants recevront une carte de protection valable deux ans et renouvelable une fois pour une seconde période de deux ans, assurant ainsi leur séjour en Tanzanie, en attendant les résultats de l’examen de leur demande. Les migrants qui souhaitent rentrer dans leur pays d’origine peuvent demander l’aide de l’OIM pour leur rapatriement volontaire.

L’OIM est parvenue à promouvoir une approche globale de gestion des migrations tenant compte de la protection des migrants en Tanzanie, en préconisant la régularisation du statut et l’aide au retour volontaire.

Il s’agissait notamment de former les officiers de l’immigration à la gestion humanitaire des frontières, à l’utilisation de l’application électronique et du matériel d’enregistrement, et de fournir aux officiers les connaissances et les compétences nécessaires pour aider efficacement la population ciblée pendant l’enregistrement.

L’opération de cartographie de la population qui est en cours montre que le Département tanzanien de l’immigration participe pleinement à un processus civil dans lequel la population est abordée de manière humaine et dans la dignité, constituant un profond changement par rapport à l’opération Kimbunga.

Pour plus d’informations, veuillez contacter

Damien Thuriaux,

chef de mission de l’OIM en Tanzanie

Tel +255 786 585 853

Email: Dthuriaux@iom.int