Migration, asile et réfugiés en Allemagne : comprendre les données

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01/22/16

Allemagne- L’année dernière, l’Allemagne était le principal pays de destination de l’Union européenne pour les migrants et les réfugiés. Un nouveau rapport du Centre d’analyse des données migratoires sur la migration dans le monde à Berlin présente les principales données sur les arrivées de migrants, de réfugiés et demandeurs d’asile en 2015.

En 2015, un million de personnes ont exprimé leur intention de demander l’asile en Allemagne. Les données montrent que depuis avril 2015, la majorité des personnes qui ont demandé l’asile pour la première fois provenaient de Syrie. Il existe toutefois peu d’informations sur le profil des personnes ayant fait part de leur intention de demander l’asile en Allemagne, car le système allemand de collecte des données EASY ne recueille que des données sur le pays d’origine du demandeur et sur le « Land » allemand ou l’Etat fédéral, et non sur le profil socioéconomique de la personne.

En Allemagne, un système de quota est utilisé pour répartir les réfugiés et les demandeurs d’asile entre les différents Etats allemands. Ce système alloue un pourcentage spécifique de demandeurs d’asile à chaque Etat, en fonction des recettes fiscales et des recensements de populations.

La carte ci-dessous montre la répartition des demandeurs d’asile en Allemagne, en fonction du système de quota. Le nombre de personnes vivant dans des centres d’accueil pour une période donnée n’est toutefois pas clair. Les demandeurs d’asile en Allemagne doivent séjourner dans un centre d’accueil quand ils arrivent pour une durée allant jusqu’à 6 mois (3 mois précédemment).


 

Sources: Die Bundesregierung (2015) http://dipbt.bundestag.de/dip21/btd/18/068/1806860.pdf, p.20; BAMF (2015) http://www.bamf.de/EN/Migration/AsylFluechtlinge/Asylverfahren/Verteilun.... Note: le  “quota“ renvoie à l’acceptation de quotas pour chaque Länder fédéral. Ces quotas reposent sur la « formule de Königstein » qui assigne à chaque Land un pourcentage individuel de demandeurs d’asile qu’il est obligés d’accepter. La « formule de Königstein » est calculée chaque année, en fonction des reçus d’impôts et des recensements de population.

Bien que l’Allemagne s’attende à accueillir un nombre élevé de demandeurs d’asile en 2016, il est difficile de prévoir les chiffres pour de nombreuses raisons. Par exemple, il est difficile de prédire l’évolution de la situation en Syrie.

Néanmoins, le pays anticipe une diminution du nombre de demandeurs d’asile venus d’Albanie, du Kosovo et du Monténégro, principalement en raison de la désignation de ces pays comme des pays d’origine sûrs en octobre 2015.

Le responsable du Bureau fédéral pour la migration et les réfugiés (BAMF), Frank Jurge Weise, a récemment suggéré qu’environ 500 000 réfugiés pourraient arriver en Allemagne en 2016.

Les prévisions du BAMF prennent en compte les facteurs suivants : l’évolution dans les pays d’origine, les informations données par les institutions allemandes chargées des questions migratoires, le nombre de demandes d’asile en Allemagne et les réponses politiques à la migration à travers l’Europe.

Un autre facteur qui pourrait avoir un impact sur l’afflux de réfugiés en Allemagne est le nombre probable de personnes réinstallées en Allemagne dans le cadre du plan de relogement d’urgence de l’UE, qui vise à reloger 160 000 personnes depuis la Grèce et l’Italie vers 17 autres pays de l’UE. Jusqu’ici, seulement 40 personnes ont été relogées en Allemagne.

Quel sera l’impact économique de cette forte hausse du nombre de migrants sur l’Allemagne ? Les conséquences économiques probables de la migration sur le marché du travail allemand ont été largement débattues dans les médias allemands tout au long de l’année 2015. Les données sur ce sujet sont cependant insuffisantes.

 Une nouvelle étude réalisée par l’Institut allemand pour la recherche économique met en évidence certains des effets positifs à long terme. Leurs calculs suggèrent que l’arrivée d’autant de migrants en Allemagne contribuera positivement à la performance économique du pays, stimulant la demande de biens et services et faisant croître l’offre de main-d’œuvre.

De la même manière, la Commission européenne estime que l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile en Europe pourrait avoir un impact positif sur le PIB des Etats membres de l’UE, le faisant croître de 0,2 à 0,3 pourcent en moyenne d’ici 2017.

La pleine exploitation de tels avantages économiques dépendra de la mesure dans laquelle les migrants peuvent être pleinement intégrés dans la société allemande à l’avenir.

Pour consulter le rapport de données, veuillez vous rendre sur :  http://www.iom.int/sites/default/files/country/docs/Germany/Germany-Data-Briefing-1Jan2016.pdf Vous pouvez également vous rendre sur le site du GMDAC : www.gmdac.iom.int.

 Pour plus d’informations, veuillez contacter Frank Laczko, Centre d’analyse des données migratoires dans le monde (GMDAC) à Berlin, Tel. +49 30 278 778 11 Email: flaczko@iom.int or gmdac@iom.int

 

Syrian migrant and refugees crossing the Serbian-Croatian border (File photo). © Francesco Malavolta/IOM 2015